En 1196 Robert de Reux (Ros) , bailli de Bonneville administre la vicomté quand Philippe-Auguste, roi de France envahit le duché.
Richard Cœur de Lion accourut pour repousser l’envahisseur et fit prisonnier Hugues de Chaumont, favori du roi de France. Richard le confia à la garde de Robert de Reux qui le remit à Guillaume de l’Epinay pour l’enfermer dans le château de Bonneville. Or le prisonnier s’échappa de nuit "par dessus les murailles".
Le duc-roi Richard fit pendre Guillaume de l’Epinay et emprisonna Robert de Reux ; ne le délivrant que contre rançon de 12 000 marcs.
" La Rançonnière " — qui retourna dans le giron ducal puis royal, jusqu’au XVIe siècle — montre que des aliénations foncières durent être consenties pour rassembler une telle somme.
Dans les premières années du XIV ème siècle la famille de Reux s’éteignit en sa branche de la basse-Risle et, peut-être par mariage, fût remplacée par la maison noble de Mellemont.
De même, au siècle suivant la branche de la basse-Touques disparut quand les quatres fils d’Hervieu de Reux moururent sans postérité.
Une fille mariée à Nicolas de Grosparmy passa les domaines à sa propre fille N. de Grosparmy, mariée à Nicolas de Murdrac :en 1462 Maître Elix de Murdrac, prêtre, est seigneur de Reux (près Pont-L’Evêque).
La toponymie de Saint-Gatien rappelle abondamment ces faits : J’ai, ci-dessus, donné l’origine de " La Rançonnière "; entre elle et l’église s’étendaient " les terres de Reux " divisées en "grand " et "petit Reux "Le chemin du Reux" traverse toujours les anciens labours, quoique détourné depuis 1804 ; il part, près de l’église, de "la planche du Reux" où dormait la mare du village.
Après l’église le front des défrichements de Reux se prolongeait par "le tènement de Mellemont" (branche de la basse Risle : voir ci-dessus), tènement de 58 acres* formé primitivement de deux pièces "le Clos au Baillif" (Robert de Reux était bailli de Bonneville) et "Le Beauvais". Le ruisseau temporaire recueillant derrière l’église les eaux de ruissellement se nomma "Mordouet de Mellemenont" et les chemins de desserte : "chemin des Beauvais" et "impasse des Beauvais". *Acre ancienne de 97,25 ares utilisée pour " fieffer " les gâtines forestières.